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février 1, 2008 par cmrbc

Vendredi 1er février 2008, départ 7h55, retour vers 9h40
Il pourrait neiger, il fait trois degrés, la pluie indécise se rétracte.
Le jeune chauffeur. « A vingt-quatre ans il faut quitter la maison », sa boussole intègre un chronomètre et il préfère renoncer aux pérégrinations hasardeuses. La transhumance n’est pas toujours un mal nécessaire.

Jack jette négligemment les haricots qui en nuit poussent jusqu’au ciel, un bien étrange miracle végétal. Il lui faut assurément escalader, il grimpe, il grimpe, il grimpe, sans un œil pour le sol, sans penser qu’il pourrait lamentablement s’y écraser, et se trouver gracieusement pulvérisé… De quoi ce conte est-il la métaphore ? Des boats people ? De l’immigration clandestine ? De tous ceux qui à la dérive tentent n’importe quelle traversée ?

1er février 2008, suivre le haricot magique…

1er février 2008, suivre le haricot magique…

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janvier 31, 2008 par cmrbc

Jeudi 31 janvier 2008 – départ 7h55, retour vers 10h10
Le retour du personnage transgressif, le chauffeur dissident et ancien chef de la sécurité du front national, l’occasion rêvée d’un nouveau conte de fées.

Encagoulés dans la forêt. Ces hommes-là aiment la terre, et leurs identités. Boire un coup et tirer en l’air, c’est identitaire. Les valeurs, les valeurs de la terre, les valeurs du sous-bois derrière le clocher… La la la chante Blanche neige, la guérillita danse, et forme une transe hypnotique, la la la en canons… « Nous sommes nombreux dans le monde », à nécessiter des rituels cathartiques. Ils rêvent d’actions atomiques, de gloire de beaujolais. La fureur s’ajoute à la fureur… La part de réalité, la part de fantasme, il me laisse la deviner…

31 janvier 2008, les hommes dans la forêt

31 janvier 2008, les hommes dans la forêt…

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janvier 30, 2008 par cmrbc

Mercredi 30 janvier 2008 – départ 7h55, retour 10h10
Écrire de la poésie ? Opter pour un non événement, évoquer le printemps, l’été, la route. Ô temps suspend ton vol ! Les pétales de fleur ? Dans la salle d’attente des photographies florales sur chaque porte, et des aquarelles sur les murs, des boutons, des feuilles, des coquelicots… Un fichu ficus, des tournesols. Dans la salle d’attente, l’hiver ne vient jamais, les fleurs ont le parfum du lino, un goût lyophilisé et médical qu’un herboriste ou un fleuriste passionnerait par des incantations mystiques, Papaver Roheas, Helianthus annuus. « On a mis de fleurs pour… Oui oui » elles maquillent et dulcifient, mais dans la masse du problème, elles sentent un tantinet la transparence.

Dans la forêt, Blanche-neige cueille des fleurs, et chante la la la en baguenaudant dans les pâturages… Un beau bouquet, un cercueil de verre et une résurrection. Oulala la belle histoire, allons vite jouer dans la forêt !

30 janvier 2008, Blanche Neige promène…

30 janvier 2008, Blanche Neige promène…

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janvier 29, 2008 par cmrbc

Mardi 29 janvier 2008 – départ 7h55, retour 9h40
À demi-mot, une certaine personne m’invite à la sortie de route, quitte à affabuler un peu. Depuis plusieurs jours, une histoire entendue enfant me revient partiellement à l’esprit. Je m’accroche aux marches de l’escalier, je suis au cours préparatoire, le premier jour et je ne veux pas y aller.
Il faisait jour sans interruption, la nuit s’était volatilisée depuis une sorte de faute originelle incertaine. Aucun humain ne peuplait la terre, ni aucun chauffeur de taxi. Les animaux étaient plein d’un sommeil énorme, d’un sommeil de cauchemar, dormir, se réveiller, dormir, l’esprit suffoquant sous les séquestres. Le soleil tanguait de midi à midi en un court palindrome, et les fauves tentaient sans succès de tourner lentement en rond pour ne jamais lui faire face. La jungle asphyxiée, statique, au point zéro. L’idée d’une quête naquit et unilatéralement la faune unanime délégua cette mission au peuple des serpents. Le plus christique d’entre eux partit alors à la recherche de la nuit, et non sans mille prouesses finit par la ficeler au fond d’un sac. Le serpent élu n’ignorait pas que manipuler la nuit exigeait la plus grande prudence, il fallait la préserver, et la distribuer parcimonieusement, régulièrement chaque soir. Lorsqu’il revint chez lui, son succès déclencha naturellement conflits guerres et convoitises, chacun voulant avoir la main mise sur la manne nocturne, chacun voulant décider individuellement de sa propre nuit. Le sac de nuit passait de main en main, fragilisé à chaque querelle. Un jour de plus grande violence, il se déchira subitement, la nuit s’échappa tout entière et le ciel immense fût totalement recouvert, le soleil faiblit puis disparut à son tour.

29 janvier 2007, les serpents désignés pour retrouver la nuit

29 janvier 2008, les serpents désignés pour retrouver la nuit

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janvier 28, 2008 par cmrbc

Lundi 28 janvier 2008 – départ 7h55, retour vers 10h
Premier jour de la quatrième boucle. Un amoureux pour accompagner.
La nécessité de décompter pour prendre un peu d’avance, dans cinq jours, il restera exactement… Jingle, suspense… La vie débite, une horloge parlante un soir de la Saint Sylvestre, dix, neuf, huit, sept… Zéro. Les jours s’annulent par anticipation, ils sont déjà vécus… Je l’ai déjà vécu, je vais vivre le déjà vécu, je vais déjà le vivre… Il me faut remonter le fil du temps inversé, être déjà vendredi, aller, n’être qu’aujourd’hui, retour… Le compte à rebours dodeline sans trêve.

28 janvier 2008, redite dans le brouillard

28 janvier 2008, redite dans le brouillard.

28 janvier 2008, Lundi vendredi, les jours sur une carte

28 janvier 2008, Lundi vendredi, les jours sur une carte.

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janvier 25, 2008 par cmrbc

Vendredi 25 janvier 2008 – départ 7h55, retour vers 10h
Dernier jour de la troisième boucle, ce matin, une pensée pour un vieux souvenir de zoo. Le tigre tourne, vire, revire et tourne… Tourner en rond comme un fauve en cage, rayer l’asphalte de sa marque furieuse, la route en accolades cercle toutes inclinations fugueuses. Pas d’escapade. Un grand projet certain : dérober la mémoire d’un poisson rouge, faire le tour du bocal, deux secondes et hop, oublier et repartir.

25 janvier 2008, Arrivée, arrivée, arrivée…

25 janvier 2008, Arrivée, arrivée, arrivée…

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janvier 24, 2008 par cmrbc

Jeudi 24 janvier 2008 – départ 7h55, retour vers 9h40
- Un taux variable ?
- Oui, c’est un peu tendu…
Cinq minutes émues pour les indices boursiers, leurs panneaux scintillants, et leurs courses aux étoiles… Quelle est la coordonnée géographique d’un indice boursier ? Où le saisir assurément ? À l’aller, le premier rond-point posté à 46°24447, et au retour, légère inflexion pour un 46°24429 seulement … Où situer un prêt à taux variable dans le prosaïsme de ces fluctuations terrestres ? Promesse d’un krach, promesse d’un crash. Soit. Le premier rond-point continuera incessamment son vague vagabondage.

24 janvier 2008, vagabondage

24 janvier 2008, vagabondage

24 janvier 2008, vagabondages au pluriel…

24 janvier 2008, vagabondages au pluriel…

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janvier 23, 2008 par cmrbc

Mercredi 23 janvier 2008 – départ 8h, retour vers 9h40
Une lune insensée à l’horizon, une lune comme un soleil. Sur l’écran le diagramme de leurs activités, invisibles, les satellites croisent leurs positions, certainement, mais approximativement, « Vous devez être ici ou ici, et vu du ciel quelle importance?». L’à-peu-près alarme par son indécision, l’ambiguïté paraît périlleuse, personne n’est à l’abri de se perdre dans la forêt, et la forêt… Il semble préférable de s’en tenir à la route. Le mercredi a pourtant le goût d’une embardée buissonnière.

23 janvier 2008, La route et la forêt…

23 janvier 2008, La route et la forêt…

23 janvier 2008, La carte, image du 22 et 23 janvier 2008

23 janvier 2008, La carte et les images correspondantes du 22 et 23 janvier 2008

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janvier 22, 2008 par cmrbc

Mardi 22 janvier 2008 – départ 8h, retour vers 9h30
Zénon posté à huit mètres d’un arbre, lance une pierre dans sa direction. Avant que celle-ci n’atteigne l’arbre, elle doit parcourir la première moitié des huit mètres, soit quatre mètres. Ce premier déplacement prend un certain temps, la pierre doit ensuite parcourir la moitié des quatre mètres restant, ce qui prend un autre temps certain, la pierre accomplit encore un mètre c’est-à-dire la moitié de la moitié de la moitié restante, et ainsi de suite indéfiniment, voyant le temps se diviser perpétuellement, Zénon en déduit que jamais la pierre n’atteindra l’arbre.

Sur la route, des courses de lucioles électriques balayés par le battement des essuies glaces, un battement combien d’images?
22 janvier 2008, lucioles et essuies glaces…

22 janvier 2008, lucioles et essuies glaces…

22 janvier 2008, plusieurs jours de parallèles confondues

22 janvier 2008, plusieurs jours de parallèles confondues

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janvier 21, 2008 par cmrbc

Lundi 21 janvier 2008 – départ 7h55, retour vers 9h30
Troisième boucle de cinq jours.
Hier soir, pleine lune, une nuit tout en électricité, « J’ai ramené un étudiant à minuit, tout l’internat délirait…» Une meute de loups-garous, une guérilla d’ouate et de plumes ? Qu’a t-il vu au juste ? La pleine lune me rend incrédule, je préfère croire à la nuit de dimanche à lundi, celle de toutes les insomnies, « Quelque chose ne va pas mademoiselle ? ».

Route inhabituelle à l’aller, et permutation de véhicule et de chauffeur au retour.
- Cela ne change rien à votre projet ?
- Oui, non…
L’itinéraire serait sans incidence, puisque par deux points ne passe qu’une seule droite, l’approximation irrite, mais relativise le sérieux de la tentative, par deux points demeurent, semble t-il, une infinité de possibles.
En pleine campagne, des ouvriers sur une nacelle.
- J’étais grutier, la grue s’est effondrée. Je suis tombée de quarante mètres sous un poids de soixante tonnes…
- Comment survit-on à une chute de quarante mètres ?
- …

Soixante tonnes, ou cent soixante tonnes ?

21 janvier 2008, double itinéraire

21 janvier 2008, double itinéraire

20 janvier 2008, Le tracé d’aujourd’hui avec une photo d’avant la réalisation du centre… Ballade sur un chantier…

20 janvier 2008, Le tracé d’aujourd’hui avec une photo
d’avant la réalisation du centre… Ballade sur un chantier…